À 3% des intentions de vote ce mardi dans le sondage quotidien de l'Ifop-Fiducial pour LCI, Christiane Taubira ne décolle pas. La candidate PS, gagnante de la primaire populaire, peine aussi à convaincre les élus, qui le sont que 73 à lui avoir accordé leur signature. À 17 jours de la date limite de dépôt de candidature présidentielle, l'enjeu est donc de taille. Et il le sera d'autant plus pour l'ex-garde des Sceaux que le Parti radical de gauche (PRG) lui a retiré lundi son soutien. Invitée ce mardi soir sur LCI, Christiane Taubira ne se montre pour autant pas affolée.
Il y a une inquiétude, mais il n'y a pas de panique chez nous.
Christiane Taubira, le 15 février 2022 sur LCI
Questionnée sur le maintien de sa candidature, la candidate a assuré qu'il y aurait bien un bulletin à son nom dans les bureaux de vote. "Le PRG n'était qu'une composante de ma campagne, qui repose principalement sur des citoyennes et des citoyens, sur des bénévoles, sur des collectifs... Et évidement je vais continuer", assure-t-elle. "Il y a une inquiétude, mais il n'y a pas de panique chez nous", dit-elle. "Nous verrons bien le 4 mars, mais il y aurait un vrai sujet à ce qu'une candidature reposant sur un tel socle démocratique soit empêchée par le process des parrainages", estime par ailleurs Christiane Taubira.
Il arrive toujours un moment où soit le patron du PS soit le candidat PS siffle la fin de la liberté du PRG.
Christiane Taubira, le 15 février 2022 sur LCI
Pour la candidate, il paraît assez clair que la marche arrière du PRG s'apparente à une "manœuvre politique" de la part du PS. "Il arrive toujours un moment où soit le patron du PS soit le candidat PS siffle la fin de la liberté du PRG", soutient-elle. Ces affirmations ont rapidement fait réagir le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui lui a répondu sur Twitter : "Chère Christiane Taubira, le patron du Parti socialiste ne siffle personne". "Chacun est libre de ses engagements, pas de faux procès entre nous", ajoute-t-il.
Confrontée à cette réponse sur le plateau par la journaliste Ruth Elkrief, Christiane Taubira s'est montrée déçue. "Dorénavant, c’est ainsi que les responsables politiques correspondent ? C’est intéressant…", a-t-elle tout d'abord déclaré avant d'assurer qu'il ne s'agissait pas d'un procès et de regretter qu'Olivier Faure n'ait pas plutôt répondu à son invitation au dialogue au sein de la gauche. "L'offre de conversation et de rassemblement pour essayer de gagner à gauche avec l’énergie du désespoir n’est manifestation pas le sujet le plus important", fait-elle remarquer.
Un peu plus tôt lors de son interview, Christiane Taubira avait indiqué rester "disponible pour toute conversation entre les candidates et les candidats de gauche" sans "préalable". "A la différence de tous les autres candidats, je n'ai pas fait le deuil de cette présidentielle", a-t-elle déclaré, soutenant que les autres candidats de gauche œuvrent déjà "pour les législatives ou sur une construction de l'hégémonie d'une gauche qui sera complètement déglinguée".
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